Comment régler la grand voile ?

Pour bien naviguer il faut que la grand voile soit bien réglée. C’est la condition essentielle pour que l’embarcation atteigne ses performances, en terme d’équilibre et de puissance, quelles que soient les conditions de mer, la force et la direction du vent, le cap à suivre et l’allure du voilier.

 

Sur la grand voile, plus le creux est important et reculé de l’interférence du mât, plus la force générée est grande et plus la puissance est appréciable.

Attention, ici, puissance n’est pas synonyme de vitesse.

 

Hisser la grand voile

 

La grand voile se hisse au près afin qu’une pression minimale, voire aucune pression ne s’exerce sur la surface de voile. Sur les plus petites embarcations, cette manœuvre peut se faire « à la main » tandis que sur les voiliers de plus grande taille, elle s’accomplit à l’aide d’un winch.

 

Une fois la grand voile hissée, les certains réglages sont cruciaux : drisse, écoute et barre d’écoute, hale-bas de bôme, cunningham, pataras, chariot, etc. Ils sont très spécifiques et selon le degré de précision et la qualité de réalisation de ces manœuvres, le bateau peu gîter et être ardent à la barre.

 

Comment régler la grand voile par petit temps, vent jusqu’à 10 nœuds

 

Pour un réglage optimum et un maximum de puissance par petit temps, il faut établir le creux vers le milieu ou très légèrement en arrière, entre le guindant et la chute de la voile.

 

Pour cela, la drisse ne doit pas subir une trop forte tension, le cunningham est relâché et il est juste assez tendu pour effacer les plis horizontaux venant du guindeau. Le hale-bas qui est toujours tendu au près supporte une tension juste suffisante pour ne pas réduire le creux lorsque la bôme est abaissée. La bosse d’empointure et le pataras sont tendus au minimum et le chariot est légèrement ramené vers le vent afin de fermer la chute de la voile. Enfin, le point d’écoute est choqué de quelques centimètres.

 

Pour vérifier si ces réglages sont influents, la latte supérieure de la grand voile doit être parallèle (ou presque) à la bôme, le penon de cette latte doit se trouver dans son alignement et l’équilibre de la barre doit être idéal (angle de barre : entre 2 et 3 degrés maximum).

 

Comment régler la grand voile par vent moyen, entre 10 et 15 nœuds

 

Un vent qui forcit permet de réduire la puissance de la voile pour favoriser le cap et la vitesse. Après les réglages suivants, le creux doit être positionné proche du centre de la grand voile.

 

Pour cela, la tension de la drisse ainsi que celle du cunningham sont accentuées par rapport à la situation précédente. Le point d’écoute et le point de drisse se rapprochent, la partie supérieure de la chute forme une légère ouverture, par où l’air de l’intrados s’échappe petit à petit ; le vrillage participant à aplatir la voile. La tension du hale-bas est suffisante pour aplatir le bas de la voile en tirant sur la bôme tandis que celle de la bosse d’empointure suffit à maintenir le creux au centre alors qu’il a tendance à se diriger vers le guindant.

 

Le mât est légèrement cintré sous la tension du pataras : la tête du mât recule et la grand voile s’ouvre dans sa partie supérieure. Le milieu du mât pousse vers l’avant en aplatissant la voile et en reculant le creux : c’est le vrillage qui aide à évacuer l’air. Ce vrillage est augmenté par la position du chariot, ramené vers le centre du point d’écoute. Enfin, l’écoute est bordée pour que la bôme se retrouve dans l’axe du bateau.

 

Pour vérifier si ces réglages sont efficaces, il faut valider que la latte supérieure de la grand voile est parallèle (ou presque) à la bôme. Une moitié du penon de cette latte supérieure est aligné et l’autre moitié est dissimulée derrière la voile ; les autres penons sont pratiquement à horizontale. L’équilibre de la barre doit être idéal avec un angle de barre supérieur de (environ) 1 degré à celle du petit temps.

 

Comment régler la grand voile par gros temps, vent entre 15 et 25 nœuds

 

Il ne faut pas hésiter à prendre un ou deux ris. Les cordages (drisse, cunningham, pataras et bosse d’empointure) sont tendus au maximum. La chute est ouverte dans la partie supérieure de la voile donnant un vrillage parfait pour aplatir celle-ci. Toutes les manœuvres sont réalisées afin de réduire le creux, accentuer le vrillage pour évacuer l’air puis, aplatir l’ensemble. Ainsi, la tension du hale-bas permet qu’en tirant sur la bôme, le bas de la voile s’aplatisse, le mât reste cintré et le creux est réduit. L’écoute, légèrement choquée, suit le chariot afin de rendre le voilier moins ardent.

 

Si ces réglages sont efficients, l’angle de la latte supérieure est légèrement supérieur à celui que réalise l’axe du bateau avec la bôme et son penon flotte dans son alignement ; les autres penons flottant à l’horizontal. L’équilibre de la barre est plus « dur » et l’angle de barre peut être de 5 à 7 degrés.