Le mât de beaupré, est une manœuvre dormante à bord d’un voilier. Il appartient au gréement de ce voilier, regroupant l’ensemble des pièces fixes et mobiles (manœuvres courantes) qui participent à la propulsion et la manœuvre d’un bateau mû par la force vélique.
Rappel, le gréement des voiliers rassemble de nombreuses pièces, les espars : mât, vergue, bôme, tangon, etc., ainsi que les cordages : amure, étai, drisse, écoute, etc. servant à régler, établir ou manœuvrer l’ensemble de la voilure.

A quoi sert un mât de beaupré sur un voilier ?

Le terme beaupré ou mât de beaupré est employé dans la marine traditionnelle, sur des navires tels que le quatre-mâts-barque “Krusenstern”, la goélette “Atalanta” (2 mâts – 2007) ou encore la goélette à hunier “La Recouvrance”. Sur les voiliers modernes, les voiles triangulaires, par exemple les focs, sont retenues par leur guindant le long de l’étai sur lequel elles coulissent pour être hissées ou affaissées.

Le mât de beaupré a toujours eu une utilité absolue dans la gestion du gréement du voilier traditionnel car c’est là que sont frappés les étais soutenant les mâts vers l’avant. Il a rapidement reçu la dénomination de “clé de mâture”.

Jusqu’au début du XIXème, le gréement des navires compte une première voile carrée gréée sous le mât de beaupré, la civadière, et vers l’avant, sous le bâton de foc ou “bout-dehors de beaupré”, une seconde voile carrée, la contre-civadière. A cette époque, le beaupré était également équipé d’une petite plateforme, le violon, dont la forme rappelait celle de l’instrument, et qui permettait aux gabiers de se mettre debout. Cette plateforme était munie de réas, ou taquets de beaupré.

Par la suite, les voiles carrées vont être remplacées par les voiles d’étais. Ainsi, les focs et les étais des mâts au-dessus du mât de misaine s’appuient sur le mât de beaupré et son bout-dehors. Dans le même temps, le mât de beaupré soutient tous les autres mâts dans leurs mouvements oscillatoires d’avant en arrière.

Dans cette tâche, le beaupré est soutenu par ses liures, haubans et sous-barbes, son pied reposant sur une pièce de bois, le “massif”. Si le beaupré ne résiste pas, il risque fortement d’entraîner la chute des mâts et le fait qu’ils se brisent.

Comment se présente le mât de beaupré sur un voilier ?

A l’origine, le beaupré est disposé en porte-à-faux au dessus de l’étrave du voilier, et il est souvent si incliné vers l’avant du bateau qu’il est presque à l’horizontale. Le diamètre du beaupré est similaire à celui du mât de misaine alors que sa longueur au-delà de l’étrave est égale à celle du maître bau.

Le mât de beaupré repose sur la guibre, cette charpente qui saille en avant de l’étrave du bateau, et fixé en place par des chaînes ou des câbles : moustaches servant à maintenir le beaupré latéralement et sous-barbes qui le tirent vers la surface de l’eau. Le beaupré forme un angle entre 20 et 25° avec la proue sur un grand vaisseau. Le pied du beaupré pénètre le pont par l’étambrai et se fixe sur un pont inférieur, tout en étant renforcé de chaque côté de l’étrave par deux apôtres.
Note, sur les anciens grands navires, la guibre pouvait être sculptée ou soutenir une sculpture, la “figure de proue”.

Une de ces figures de proue d’environ 3 mètres de long, permet à Albert Ballin, homme d’affaires allemand du début du XXème siècle, de conserver le titre de “plus long navire du monde” avec son paquebot transatlantique l'”Imperator”. Même si cet aigle immense enserrant un globe terrestre et prêt à l’envol, ne résista pas à plus de deux traversées hivernales en navigation sur l’Atlantique.

Les gréements actuels ne possédant plus d’autre bout-dehors que le beaupré, l’un est alors devenu le synonyme de l’autre. Le mât de beaupré permet d’amurer à l’avant de l’étrave une ou plusieurs voiles triangulaires ou voiles d’étais, souvent de grandes dimensions : les focs (clinfoc, trinquette, tourmentin, petit foc et grand foc).

Le mât de beaupré n’est pas comptabilisé dans le nombre total des mâts d’un voilier. Ainsi par exemple, un navire trois mâts dispose du mât de beaupré en plus de ses mâts d’artimon, de misaine et de son grand-mât. Pourtant, lorsqu’on annonce la “longueur hors tout” d’un navire, on inclut le mât de beaupré dans la mesure.

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