Les bastaques s’installent principalement sur les voiliers de régate et les voiliers de course mais leur présence est indispensable sur les gréements fractionnés où elles servent à raidir l’étai.

Le réglage des bastaques doit respecter le compromis entre performance (vitesse) et sécurité, imposant un minimum de connaissances en termes de navigation. Pour reproduire le bon réglage, des repères visuels tels que des bandes de visualisation et des repères gradués, sont d’une aide précieuse.

La bastaque, sa définition

Une bastaque est un hauban à itague (ou itaque) utilisé sur les voiliers, et notamment sur ceux dont le foc n’est pas frappé en tête de mât (gréement fractionné). La bastaque est tendue par un système de palan.

Les bastaques fonctionnent par paire, une sur chaque bord du bateau. Elles sont reliées à un point du mât (capelage d’étai) à l’arrière du bateau et empêchent ainsi le mât de basculer vers l’avant.

Les hautes-bastaques sont fixées au mât au niveau du capelage d’étai et les basses-bastaques à mi-chemin entre le capelage et le vit-de-mulet. Ces dernières stabilisent le milieu du mât, évitant les flexions non contrôlées et l’effet de « pompe ».

La bastaque, son utilisation

Pour gérer le maintien du mât en navigation, la bastaque « au vent » est raidie au moyen d’un levier alors que la bastaque « sous le vent » est choquée afin de laisser le passage à la grand-voile. Ce fonctionnement impose de reprendre une bastaque et de laisser filer la seconde à chaque virement de bord ou chaque empannage (amure).

• sur les gréements équipés de flèches neutres (perpendiculaires à l’axe longitudinal du bateau) : les bastaques jouent un rôle structurel en améliorant la tenue longitudinale d’un mât,
• sur les gréements équipés de flèches poussantes (orientées vers l’arrière du bateau) : les bastaques servent aussi à contrôler et régler le cintre du mât pour gagner en puissance ou en finesse de navigation.
Sur un gréement fractionné, lorsqu’une bastaque est étarquée, elle tire le mât sur l’arrière ; la tension de l’étai est accrue et il s’allonge, modifiant le réglage et la tension du gréement latéral tout en augmentant le risque de flambage du mât (cintrage négatif).

Attention de ne pas tirer sur les bastaques de façon inconsidérée car alors, le risque est de cintrer le mât à l’envers !

La bastaque, comment la manœuvrer en fonction du vent ?

• Au près, dans les petits airs
Afin de gagner en puissance, il faut souquer la basse-bastaque pour creuser la grand-voile tandis que le cintre du mât est réduit au strict minimum. Pour éviter un cintre inversé au niveau du mât, on reprend légèrement la haute bastaque au vent.

• En l’absence de vent (pétole)
On peut utiliser la technique inverse : aplatir autant que possible la grand-voile, comme dans la brise, afin d’obtenir un peu plus de force propulsive sans entraver les micro-flux de l’air.

• Au près, dans la brise
La basse-bastaque est choquée au vent pour cintrer le mât : le bas de la grand-voile est aplati, la puissance est réduite et la tenue au cap est améliorée.

La haute-bastaque est souquée pour, de façon simultanée, réduire l’étai et cintrer le mât, ce qui améliore l’attaque de la voile avant.

• Au portant, dans les petits airs
On choque les bastaques à plein.

• Au portant, dans la brise
Les bastaques sont reprises au près sans exagération : éviter une quête négative qui inclinerait le mât vers l’avant du voilier. Il faut commencer par les hautes bastaques pour éviter le cintrage à l’envers.
Attention, dans ce cas, l’utilisation des bastaques est plutôt risquée : en cas d’empannage intempestif, la bôme frappe la bastaque au vent qui risque de briser le mât si elle n’est pas larguée à temps.

• Dans le clapot : agitation inconstante en période, hauteur et direction (inférieur à la houle)
Souquer la basse-bastaque et reprendre la haute a pour conséquences de blinder le mât et d’écarter le danger.

Le bastaqueur sur les voiliers de courses et de régates

Sur les grandes courses en équipe, le bastaqueur est un « poste » à part entière. Avec un côté technique et un côté stratégique, il faut être réactif et concentré :
• la technique :
lorsque le voilier remonte le vent (au près), le bastaqueur répartit le volume dans les génois et permet aux voiles de serrer le vent (au maximum),
lorsque le voilier descend le vent (au portant), le bastaqueur surveille la bastaque qui permet au mât de supporter le poids des nombreux mètres carrés de voile,
• la stratégie :
en relation constante avec le barreur, le bastaqueur l’informe du différentiel de cap et de vitesse de l’adversaire et en relation avec le tacticien, il lui fournit les informations données par le compas.

En résumé, sur les voiliers de course, un « bastaqueur » gère les virements de bords afin que la manœuvre des bastaques soit correctement réalisée. Il est en relation constante avec le barreur et le tacticien afin de leur fournir des informations essentielles sur la position du bateau dans la course, par rapport au cap suivi et aux adversaires.

Le bastaqueur a un rôle essentiel dans la mesure où un empannage mal contrôlé peut arracher la bastaque non larguée et provoquer la chute du mât.