Gréement inventé au 16ème siècle par des marins hollandais sous le nom de « Schoener », ce qui a donné le terme anglophone Schooner. Le terme francophone vient probablement du terme goéland et apparaît vers 1740.

Une majorité de marins admet que, parmi les différents types de gréements, « la goélette toutes voiles dehors » est l’un des plus majestueux !

La goélette dans sa généralité

La goélette est un gréement équipé de deux mâts au moins et jusqu’à sept, le mât principal étant positionné le plus en arrière de tous. Dans le cas d’une goélette à deux mâts, le mât avant est appelé mât de misaine. Les deux mâts sont de taille égale ou le mât principal est plus haut que le mât de misaine.

La goélette se distingue par sa légèreté, ses formes fines qui la destinent naturellement au louvoyage et ses deux mâts légèrement inclinés sur l’arrière. Equipés de barres sans hunes (sauf la goélette à huniers) et de voiles auriques enverguées sur des cornes.

Les goélettes trouvent leur apogée à partir de la seconde moitié du 19ème siècle dans la marine de commerce et sous la forme de goélettes perfectionnées de grandes tailles, à 3 mâts et plus.

Les différents types de goélettes

Goélette franche

Elles sont gréées en voiles auriques sans huniers et sans voiles carrées.

Goélette à hunier

Voilier rattaché à la catégorie des goélettes mais dont le mât de misaine possède une à deux voiles carrées, au-dessus d’une voile aurique. Les voiles carrées renforcent la vitesse de la goélette par vent arrière.
Il existe des goélettes à double huniers, chaque mât possédant un hunier, mais elles sont rares.

Goélette à gréement bermudien

Elles sont gréées en voiles triangulaires sans voiles hautes. De nombreuses goélettes modernes ont des gréements de type bermudien.

Trois-mâts goélette à huniers

Un phare carré (grand mât ou mât de misaine), mât d’artimon aurique (avec possibilité de huniers).

Goélette à trois, quatre, cinq, six ou sept mâts

Une voile aurique est installée à la base de chacun des mâts.
Depuis qu’on est capable de relater l’histoire de la navigation à voile, les seuls 10 navires à six mâts qui ont été construits étaient tous des goélettes ainsi que l’unique navire à sept mâts.

Goélette du Saint-Laurent

Adaptée par les québécois pour faire du cabotage sur la côte Est du Canada, elle avait un fond plat pour faciliter les échouages dus aux marées. Au début des années 1920, le moteur à essence apparaît, puis le moteur diesel, faisant disparaître la voilure de ces goélettes ainsi que leur mât arrière. Le mât avant est resté mais il est utilisé uniquement comme mât de charge.

Quelques exemples de goélettes « remarquables »

• La Belle Poule (jumelle de L’Etoile) est une goélette à hunier qui a participé à la seconde guerre mondiale dans les forces navales françaises libres.

• Le Belem, construit en 1896, c’est en 1952 que son gréement devient celui d’un trois mâts goélette. C’est le second plus grand voilier en France actuellement. Après avoir changé de nom, été transformé puis motorisé, Le Belem est découvert à Venise par un amateur de « vieilles coques » qui le retape et transforme son gréement en goélette. Aujourd’hui, il sert (entre autres) à l’entraînement des mousses de la Marine Nationale. Le Belem a été classé au titre des monuments historiques en février 1984.

• Le Thomas W. Lawson, c’est la plus grande goélette en acier et le plus grand voilier de 7 mâts qui ait jamais été construit. Les 7 mâts ont eu diverses désignations et en particulier, les noms de la semaine.

• Pen Duick III a été construit pour Eric Tabarly en 1967. La carène noire de cette goélette est en alliage d’aluminium et mesure 17,45 m. Cette année là et avec Pen Duick III, Tabarly va remporter presque toutes les courses du RORC organisées par les Britanniques, devenant ainsi leur « bête noire ». En 1989, le Pen Duick III, barré par J.F. Coste, prend le départ de la première édition du Vendée Globe.

• Tara, goélette à deux mâts, construite en 1989 elle est tout d’abord bâptisée Antarctica, puis Seamaster par Sir Peter Blake qui souhaite en faire l’instrument principal de son « programme de défense de l’environnement ». Mais en 2001, Peter Blake est assassiné par des pirates sur le fleuve Amazone et le bateau est abandonné à quai pendant 2 ans. Depuis 2003 le bateau est rebaptisé Tara et participe à de très nombreuses expéditions scientifiques pour faire prendre conscience de la fragilité de l’environnement et développer la connaissance accrue des océans.