Quels sont les avantages du cobaturage ?

Le cobaturage, définition

Le cobaturage est l’utilisation simultanée de la même embarcation, par un plaisancier non professionnel et un ou plusieurs passagers, sur un trajet commun afin de partager les frais engagés et voyager à moindre coût. Le cobaturage est assimilé au covoiturage dans le côté « social » : il permet de faire des rencontres, de tisser des liens pour se rapprocher de ses co-navigateurs. Les passionnés de navigation de plaisance peuvent ainsi bénéficier de sorties en mer peu onéreuses alors même qu’ils ne possèdent pas de bateau.

Outre les économies et les rencontres, le cobaturage est aussi une démarche « éco-citoyenne ». Les voiliers et autres bateaux de plaisance sont rarement « complets » et le cobaturage permet une utilisation optimisée de l’embarcation, même s’il n’offre pas une réduction du prix du transport de façon globale, ni même une réduction du nombre de litres de carburant dépensés.

Le cobaturage, entre légalité et bon sens !

Afin de rester dans les limites de la légalité, le cobaturage doit se borner au partage de tous les frais engagés par la communauté navigante, le temps du voyage : assurance, carburant, usure du bateau, etc. S’il s’agit d’un voyage de plusieurs jours, les co-navigateurs peuvent envisager de partager aussi les frais de nourriture, nettoyage du linge inclus dans l’utilisation du bateau (couchettes), dépense d’électricité et coût d’amarrage dans un port, bref de participer à la caisse de bord.

Si le propriétaire du bateau cherche à faire un profit quelconque de la présence des passagers, il rentre dans l’illégalité en se livrant à une « activité de transport public » non autorisée.

La frontière entre la zone légale et l’infraction semble facile à franchir, et l’absence de texte de loi spécifique à cette activité et qui en fixerait les limites, ajoute au flou (relatif) de la situation. Le cobaturage fait donc également appel au bon sens de chaque participant et en particulier à celui du « chef de bord » ; c’est à lui que revient la priorité pour établir les règles de partage des frais engagés, en tenant compte du temps passé à bord et du type de bateau ; ce calcul devant être réalisé sans faire aucun bénéfice.

La Cour de Cassation, dans un arrêté en date du 12 mai 2013, admet la légalité du covoiturage si celui-ci n’est pas pratiqué dans un but lucratif. On peut donc faire un parallèle avec le cobaturage en appliquant le même principe, d’autant plus que le Grenelle de l’environnement de 2009, la loi de 2014 relative à la « transition énergétique pour une croissance verte » et auparavant en 1996, la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie, ont tendance à contribuer au développement du cobaturage.

Le cobaturage, avant d’embarquer…

Qu’il s’agisse de partager un trajet professionnel, que ce soit un moyen agréable d’atteindre son lieu de villégiature ou l’opportunité de réaliser une croisière d’une semaine, le cobaturage est en pleine expansion et cette façon éco-citoyenne de se déplacer sur l’eau est devenue l’objet principal de beaucoup de sites en ligne : start-up, associations, clubs de voile, etc.

Avant d’embarquer, il faut donc faire un topo de vos besoins et des raisons précises de votre choix de navigation. A cela et si vous faites appel à une plateforme spécialisée dans le cobaturage, il faudra impérativement comparer les services offerts afin de rester dans la légalité. Pour cela il faut opter pour régler uniquement la part qui vous revient, issue du partage des frais calculés sur le temps de votre séjour à bord du bateau. En aucun cas il ne faut accepter de verser des sommes supplémentaires.

Le cobaturage, le propriétaire du bateau n’est pas le chauffeur des co-navigateurs !

La vie sur un bateau s’apparente à une longue chaîne, chaque maillon dépendant de ceux qui l’entourent et le partage ne doit pas s’arrêter aux frais financiers. Il ne s’agit pas pour les co-navigateurs de se faire discrets sur l’espace « bronzette », mais plutôt d’essayer de s’engager dans la vie à bord : participer aux manœuvres, à l’entretien du navire et pourquoi pas à la cuisine et au ravitaillement (eau douce, nourriture).

Par définition, le cobaturage est la version nautique du covoiturage. Cela signifie que plusieurs personnes se partagent un même trajet. Logiquement donc, le cobaturage est aussi une manière d’optimiser le taux d’occupation des navires sur un trajet qui aurait eu lieu, même si le plaisancier était seul à bord.

Les envies de cobaturages peuvent naître différemment :
• Plaisancier propriétaire ou louant seul un voilier ou un bateau à moteur dans le but d’effectuer une croisière et se rendant compte que cette croisière est trop « lourde » en solo.
• Plaisanciers, navigateurs aguerris ou amateurs, qui se regroupent pour louer un bateau plutôt que d’assumer chacun de son côté une location individuelle.
• Le propriétaire qui ne souhaite pas être seul à naviguer

Le cobaturage via les plateformes internet

Les plateformes spécialisées dans le cobaturage (-.) mettent en relation des plaisanciers en demande de « co-baturants » et inversement. L’expérience en navigation n’est pas forcément le critère essentiel pour être sélectionné parmi les différents candidats, les plaisanciers étant généralement en recherche de convivialité et de partage autant que de connaissances techniques.

Ces plateformes proposent également des sorties en mer, avec départ et retour à heures fixes, les bateaux concernés devant embarquer un nombre prédéfini de passagers. Pour certains, ces sorties récurrentes et totalement programmées semblent être organisées dans le cadre d’un projet commercial. Dans ce cas, elles entraînent un certain bénéfice alors que la légalité interdit que le cobaturage soit générateur de profit !

Le cobaturage implique de partager une embarcation et logiquement, les planches à voile, ne sont pas incluses dans cette démarche. Par contre, on peut envisager que le jet ski réponde à la définition du cobaturage si le driver sollicite la présence d’un passager qui aurait, par exemple, besoin de se rendre sur la côte, à un endroit où il est possible d’accéder uniquement par la mer.