Qu’est ce qu’un foc pour voilier ?

Le foc pour voilier, définition

 

Le foc pour voilier est le terme générique pour une voile d’avant dont la forme est celle d’un triangle. Si un voilier est gréé de voiles avant, celles-ci permettent l’ajustement de la surface de la voilure à la force du vent ; dans ce cas, la surface du foc se situe entre celle du génois (voile de grande taille) et du tourmentin (voile de tempête).

Le foc est systématiquement la voile la plus en avant du voilier.

Le foc pour voilier, description et terminologie associée

 

Le foc étant une voile triangulaire, elle a donc, trois angles…
• le point de drisse : angle situé au sommet du foc lorsqu’il est hissé. C’est l’endroit où la drisse utilisée pour hisser la voile est fixée,
• le point d’armure : angle attaché au point fixe du bateau. Le point d’armure est fixé par une manille à un point fixe situé à l’extrémité avant du bateau,
• le point d’écoute : angle du foc sur lequel viennent se fixer les écoutes. Sur les voiliers modernes, les écoutes sont ramenées au cockpit en passant d’un côté et de l’autre du mât. Avec la première écoute, on effectue les réglages lorsque le foc est à tribord et avec la seconde écoute, les réglages lorsque le foc est à bâbord.

… et trois côtés :
• la bordure : côté du foc parallèle au pont. C’est la partie basse de la voile lorsqu’elle est hissée.
• le guindant : côté du foc solidaire de l’étai. Pour un génois, le guindant est solidaire de l’étai mât à l’aide de mousquetons fixés à la voile ou grâce à une ralingue (cordage cousu sur la voile). Cette ralingue est glissée dans le tube de l’enrouleur ou dans un étai creux,
• la chute : côté du foc toujours libre. On règle sa tension à l’aide d’un nerf de chute.

Chaque extrémité de la voile est renforcée par plusieurs épaisseurs de tissus. La têtière est la partie de l’extrémité supérieure de la voile, celle-ci étant parfois renforcée par de l’acier ou de l’aluminium.
Chaque angle se voit équipé d’un œillet afin de fixer la voile au gréement.

Le foc est composé de laizes (bandes de tissu) cousues et découpées de façon à répartir l’effort et former le creux du foc. Des penons sont fixés sur l’extrados et l’intrados du foc; fournissant ainsi des indices sur l’écoulement de l’air le long de cette voile ; tout ceci pour affiner au maximum les réglages de la voilure.
Note : le tourmentin (foc de tempête) est une voile plate, sans creux.

Le foc et ses différentes appellations

 

Le foc a différentes appellations : génois, tourmentin, yankee, solent, trinquette, génois à enrouleur, etc. Chacune de ces dénominations ayant une signification particulière :

• Génois à enrouleur
C’est la voile la plus courante sur les voiliers actuels. S’il est bien coupé, ce foc est polyvalent et performant tout en étant particulièrement avantageux et pratique car, grâce à l’enrouleur, il peut remplacer presque toute la gamme des voiles avant : inter, solent, foc 1, etc.
Attention, tous les tissus ne conviennent pas au foc à enrouleur et les tissus composites en particulier semblent exclus.

• Solent : foc sans recouvrement
Ce type de génois n’est efficace que pour le près, dans la brise. Il est sans recouvrement, à chute pratiquement verticale et à bordure étroite. Grâce à sa configuration, il peut être réglé par une barre d’écoute, de la même façon que la grand voile ; permettant au voilier de virer de bord sans toucher aux écoutes. Ce type de foc peut être équipé d’un ris.

• Trinquette : foc sans enrouleur
La trinquette est installée en complément du génois sur enrouleur et est également utile pour les allures de près dans la brise. Elle peut aussi posséder un ris (sans enrouleur).

• Yankee : foc de grande surface à point d’écoute haut.

• Le génois : foc « de beau temps » à fort recouvrement
Le foc le plus monté sur les voiliers modernes est le génois. Il est identifiable par sa bordure plus longue que la distance entre son point d’armure et le mât, entraînant que la grand voile le recouvre (en partie).
Le génois est un foc de grande taille dont le guindant est grée sur l’étai du voilier ; la chute et la bordure étant libres. Les deux écoutes, fixées au point d’écoute, servent à border ce foc.
Le génois est hissé à l’aide d’une drisse, en tête de mât ou aux 5/6ème ou 7/8ème sur les gréements fractionnés, équipés de bastaques. Le point d’armure est fixé au pont du voilier.
Sur la plupart des bateaux modernes, le génois est monté sur enrouleur. Ainsi, lorsque le vent monte, on enroule le génois sur lui-même (sur son guindant) pour diminuer la surface de la voilure. Le génois déroulé, peut atteindre une surface de plus de 65 m2.

• Le tourmentin : petit foc à hisser en cas de mauvais (ou très) mauvais temps
Le tourmentin est une voile très « solide », indispensable en cas de tempête. Contrairement aux « autres focs » c’est une voile plate, sans creux.

Le foc pour voilier, une « poussée » supplémentaire

 

Sur les voiliers modernes, qu’ils soient destinés à la croisière de plaisance ou à la course, ce qui est de l’avis de tous c’est que l’écoulement de l’air entre la grand voile et le foc retient toute l’attention du « régleur » (voiliers de courses). Ce dernier, en tant que spécialiste, utilise des réglages latéraux sophistiqués : les barber-haulers en plus de l’écoute afin d’optimiser les forces issues de ce couloir d’air.

Ce qui divise un peu plus, c’est de savoir si c’est l’interaction entre le(s) foc(s) et la grand voile qui ajoute une poussée supplémentaire à la poussée des deux voiles prises séparément (effet Venturi ou effet tunnel) ou si c’est la grand voile qui accélère les filets d’air circulant sur le foc (dépression en aval), augmentant ainsi la poussée vélique totale des voiles. La première théorie étant soutenue par l’aérodynamicien Manfred Curry et la seconde par le célèbre régatier Bertrand Chéret.

Attention, si le voilier prend la cape, il n’avance presque plus et c’est aussi l’effet contrarié des deux voiles que l’on vient de citer, la grand voile et le foc. Le foc, bordé à contre, tend à faire abattre le voilier tandis que la grand voile porte alors très peu : dès que le voilier cherche à avancer, il a tendance à lofer et l’effet du foc à contre, tend à stopper le bateau.