Qu’est-ce que l’accastillage ?

La navigation de plaisance regorge de termes spécifiques. Certains sont relativement simples et ne font aucun mystère ; ils appartiennent au langage courant et leur définition en navigation reste la même : cordages, pont ou treuil. Certains autres sont plus spécifiques et ne trouvent de définition que dans le monde de la navigation et souvent même dans les actions.

Accastillage, définition

Le terme « accastillage » appartient à cette seconde catégorie, il peut être défini de façon globale comme l’ensemble des accessoires de ponts servant les manœuvres de voiles (winches, poulies, palans, etc.) ; ainsi que la totalité des petits équipements d’armement (capots, chandeliers, filières, etc.) et aussi des pièces d’un volume plus important, dédiées à la sécurité de l’équipage (filières, mains courantes, échelles de bain etc.). Cette définition est aussi la preuve que les divers éléments et pièces qui composent l’accastillage sont innombrables.

Rapidité d’exécution des manœuvres, économie de main-d’œuvre, gain de place et diminution des risques pour une sécurité renforcée, on pourrait penser que les courses de bateaux sont à l’origine de l’évolution de l’accastillage et que toutes ces évolutions positives se répercutent sur le nautisme de plaisance.

L’accastillage peut être mis en avant dans son utilisation et dans son positionnement sur le bateau. En effet, le « plan de pont » d’un voilier doit tenir compte des emplacements des équipements de l’accastillage de manœuvre. Il ne faut pas encombrer l’espace de façon anarchique tout en facilitant, pour l’équipage, l’accès aux équipements.

Au pied du mât, la bonne utilisation des cordages

En pied de mât, la majorité des bateaux de plaisance sont actuellement équipés de dispositifs de fixation qui permettent la rotation autour d’un axe, tels qu’une poulie à chape (poulie de renvoi) et en particulier d’une poulie à émerillon qui exerce moins de résistance sur les cordages.
Note, la poulie de renvoi permet d’ajuster l’angle de tire de l’écoute.

Pour les applications sous forte charge dans une position statique, l’utilisation de poulies à friction est recommandée : les billes des poulies à roulement se déformant lorsqu’elles sons soumises à de fortes charges dans une même position. Pour encombrer le moins possible le pont, les « poulies violon » avec des réas en ligne peuvent être utilisées afin d’obtenir une meilleure répartition de la charge. La poulie à chape avec un crochet à linguet, type émerillon en acier et réa en aluminium, est un bon choix.

En pied de mât, des poulies verticales peuvent aussi être installées. Elles renvoient les cordages au niveau du pont tout en étant pivotantes et orientables, réduisant la résistance exercée sur le cordage, tout en assurant une rotation régulière et fluide.

C’est ainsi que les boîtes à réas, qui permettent de guider les cordages à partir des poulies de pied de mât et de les aligner parfaitement le long du roof, de part et d’autre du panneau de pont doivent également être positionnées de sorte que le cordage de pied de mât puisse effectuer deux renvois avant d’atteindre le bloqueur. L’écoute qui supporte la charge la plus forte doit se situer vers l’intérieur.

Le winch, son utilisation avec écoutes et drisses

Le winch est un treuil qui seconde le marin dans la traction d’un cordage afin de s’assurer que les voiles sont correctement bordées. La manœuvre du winch doit être réalisée sans hésitation, surtout dans des situations peu confortables : obligation de border un foc dans l’urgence (virement de bord).

Tous les winchs de la planète nautisme tournent dans le sens des aiguilles d’une montre et quel que soit l’angle d’observation d’un winch, la corde s’enroule à l’aide d’une manivelle en commençant par le côté droit

Les écoutes et les drisses se règlent à partir du winch. La drisse contrôle (partiellement) la raideur de l’étai et l’écoute oriente la voile en fonction du vent.

Pour régler une drisse, il faut la tourner sur un winch en étarquant le guindant au maximum pour que le bord d’attaque présenté au vent soit rectiligne (bien tendu) : c’est ainsi que le bateau remonte au vent. L’écoute qui sert à border le génois doit le positionner idéalement entre 15 et 20° par rapport à la direction du vent apparent.

L’écoute de la grand voile, l’écoute du génois et celle du foc coulissent sur un chariot d’écoutes, positionné de chaque côté du bateau. Il est réglé de manière à positionner parfaitement le creux de la voile ; ce réglage étant conditionné par la taille de la voile, l’allure et la force du vent. Pour naviguer au près, le chariot est reculé alors qu’aux allures portantes, il est avancé.

Les retours des écoutes et des drisses se font dans le cockpit du bateau, à portée de main du barreur, répartis sur un « piano ».

Le winch, la bonne utilisation des bloqueurs et des coinceurs

Le bloqueur, à la différence du coinceur (taquet), dispose d’une poignée qui actionne deux mâchoires montées sur ressorts et pivotant de façon verticale sur des axes pour bloquer le cordage. Le bloqueur assure deux fonctions en bloquant puis libérant la tension sur le cordage bordé à l’aide du winch (poignée levée) et en assurant le maintien de la force (poignée fermée) sans relâcher le cordage. Les bloqueurs permettent de conserver les réglages, libérant le winch pour d’autres réglages.

Le coinceur, sans verrouiller le réglage (manuel ou en place), sert aux réglages qui n’appellent pas de fortes charges de travail.

Quelques éléments d’accastillage

• Les taquets : montés à l’étrave et au tableau avec les chaumards qui guident les amarres. Un taquet installé au maître bau sert aux cordages (gardes), pour garder le bateau parallèle au quai.

• Les mousquetons : chaque sorte a une utilisation particulière : mousqueton double sécurité (gilet de sauvetage) ; mousqueton pompier (manœuvres « de base ») ; mousqueton simple ou à émerillon (évite la torsion des drisses) ; mousqueton à piston ; mousqueton à gâchette (manœuvres sous charge) ; mousqueton à tirette (faibles charges).

• Les ferrures : soutient un élément ou une structure (ferrures de gouvernail, etc.).

• Les manilles : de toutes formes et tailles, elle se ferme par un manillon pour assembler deux éléments.

• Les cadènes et les pontets : points de fixation d’une grande résistance qui supportent les tensions de l’étai et des haubans, servent à installer une poulie, fixent les pare-battages, etc.