Le yawl, définition

Le mot yawl a ses origines en Hollande avec le terme Jole et en Allemagne avec Jolle. Les yawls étaient de petites embarcations non pontées, équipées d’avirons. Le terme anglais Jole désignait, au 16ème siècle, un voilier muni d’avirons.

Le yawl est un voilier à deux mâts : le grand mât qui porte la grand voile et le foc et le mât situé à l’arrière du bateau. L’emplanture du mât arrière appelé aussi “tapecul” se trouve derrière l’axe de rotation du safran, partie mobile immergée à l’arrière du bateau, servant à de diriger ce dernier. Le tapecul du yawl ne sert pas à la propulsion de l’embarcation mais à son équilibre, en fonction des conditions.

Le tapecul (mât d’artimon sur un ketch) est placé très en arrière du bateau, nécessitant un bout-dehors vers l’arrière afin de fixer l’écoute. Sur le yawl, le bout-dehors est appelé queue de malet ; c’est un espar fixe ou rétractable servant à fixer l’écoute et qui peut, lui-même être maintenu par une sous-barbe.
Attention, il ne faut pas confondre queue de malet et bôme : la bôme est mobile alors que la queue de malet ne l’est pas en navigation.

Le yawl, différents types de gréements

Le yawl peut être gréé de différentes façons :

• Le yawl à corne : la grand voile est surmontée d’une corne et d’une flèche
Le centre de gravité de la voilure (centre vélique) de ce type de gréement est très en avant du voilier, ce qui complique la navigation par mauvaise météo. Le fait d’ajouter le tapecul résout le problème car, sans apporter réellement de la vitesse au navire, il augmente l’efficacité du safran et participe à son équilibre.

• Le yawl bermudien (yawl marconi) : la grand voile est surmontée d’une corne et d’une flèche. Alors que le yawl à corne pouvait être gréé en côtre, le yawl bermudien pouvait naviguer sous la forme d’un sloop ou d’un côtre.

Le tape cul peut être est équipé d’une voile aurique, forme quadrangulaire non symétrique dont le bord d’attaque au vent est toujours le même, dans l’axe du navire, contrairement aux voiles de forme carrée.

Pourquoi choisir un yawl ?

Avant de choisir de naviguer sur un yawl, il faut connaître ses avantages :

1. Le tape-cul qui ne sert pas à la propulsion du voilier mais à son équilibre est également une aide à la manœuvrabilité.

2. Le yawl est plus facile à “tenir” par gros temps car la voilure est divisée sur les deux mâts. Ainsi le navigateur Joshua Slocum, premier navigateur à réaliser un tour du monde en solitaire à la voile fin du 19ème siècle débute son aventure avec un côtre bermudien qu’il modifie au cours de route pour en faire un yawl et affronter le mauvais temps plus sereinement.

Il est possible d’apprendre à naviguer sur un yawl et la marine nationale forme quelques uns de ses marins sur La Grande Hermine, yawl aurique de 14 m de long.

Quelques exemples de yawls “remarquables”

• Le Manitou (yawl bermudien) a été construit en 1937 par Davies & Sons dans le Maryland (Etats Unis). A l’origine, l’architecte Olie Sparkman le destine aux compétitions sur les Grands Lacs américains puis il devient le voilier de plaisance de John Fitzgerald Kennedy et accueille de véritables vedettes telles que Marylin Monroe. Il est alors surnommé “The Floating White House” (La Maison Blanche flottante).
Le Manitou était présent à Saint-Tropez en 2011 pour le Trophée Rolex.

• Le Rose Noire II (1964) est un yawl bermudien, membre du YCC de La Rochelle. Ex “Vindilis”, il est construit sur un plan de Eugène Cornu et il est classé monument historique du patrimoine maritime depuis 2000.

• Le Clorinda, yawl imaginaire dans le célèbre romain de Jules Vernes, “Le rayon vert” :”… un charmant yawl de quarante-cinq à cinquante tonneaux, la Clorinda, quittait le petit port d’Iona, et, sous une légère brise du nord-est, ses amures à tribord, s’élevait au plus près, gagnant la haute mer.”

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